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Air Fan n°481 Août - Septembre 2022 Planète Aéro n°2

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Re:Re:Recherche informations combat aérien 24 mai 1916

de Philippe Bacquenois (17/07/2026 17:35:30)
en réponse à Re:Recherche informations combat aérien 24 mai 1916 de Lucien Morareau (17/07/2026 17:08:12)

Un grand Merci pour votre réponse, je ne connaissais pas ce portrait. J'ai des copies d'autres photos mais pas celle-ci.
Merci également pour les numéros des brevets que je ne connaissais pas. Je vais pouvoir enrichir l'essai de biographie que je consacre à Paul ROUX.
Essai de biographie que voici :
Né le 26 août 1895 à Molières-sur-Cèze, dans le Gard, Félix Jean Paul Roux appartient à cette génération de très jeunes officiers dont l'existence fut entièrement bouleversée par la Grande Guerre. Mort pour la France à l'âge de vingt ans seulement, son parcours exceptionnel le conduit des tranchées de Flandre et de Champagne aux missions aériennes au-dessus du front, avant de trouver la mort dans un combat aérien en mai 1916.
Entré à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr le 6 novembre 1913, Paul Roux appartient à la 98e promotion « De la Croix du Drapeau ». La déclaration de guerre interrompt brutalement sa formation. Alors que la promotion n'a pas achevé son cycle d'instruction, son baptême est organisé de façon anticipée le 30 juillet 1914, dans l'atmosphère dramatique des jours précédant la mobilisation générale. Quelques jours plus tard, les élèves sont nommés sous-lieutenants et rejoignent leurs affectations de guerre.
Au début du conflit, Paul Roux sert au 2e régiment de Hussards. Comme de nombreuses unités de cavalerie privées de leur rôle traditionnel par la guerre de position, le régiment combat désormais à pied. Affecté à l'escadron à pied du 2e Hussards au sein du Groupe léger de la 4e Division de Cavalerie, le jeune officier participe aux opérations menées en Flandre et dans le nord de la France.
Dès 1915, il se distingue par son courage et ses qualités de chef et est brûlé sur une partie de la figure. Une citation à l'ordre de la Division du 15 juillet 1915 souligne sa conduite exemplaire :
« Pendant les journées du 9, 10 et 11 juillet a montré un courage et un sang-froid au-dessus de tout éloge, maintenant élevé le moral de son peloton, réduit par un bombardement intense de la moitié de son effectif ; a été renversé par un obus de gros calibre qui lui a déchiqueté son manteau et brûlé une partie de la figure. S'était précédemment parfaitement conduit malgré sa grande jeunesse aux combats de Pilkem, Lombartzyde et Nieuport. »
Le Journal de marche du Groupe léger de la 4e Division de Cavalerie révèle également qu'il est blessé le 11 août 1915. Malgré cette blessure, il ne reste éloigné de son unité que deux jours avant de rejoindre les tranchées le 13 août.
À la fin de l'été 1915, son unité est dirigée vers la Champagne où se prépare la grande offensive française. Après plusieurs semaines de déplacements et d'entraînement, l'escadron à pied du 2e Hussards reçoit le 24 septembre les nouveaux casques Adrian d'infanterie, prélude à son engagement imminent dans la bataille.
Le 29 septembre 1915, lors de l'offensive de Champagne, Paul Roux participe à l'attaque des positions allemandes situées à l'ouest de la ferme Navarin, dans le secteur des tranchées de Lübeck, des Tantes et des Homosexuels. Le Journal de marche précise que l'escadron à pied du 2e Hussards est placé en avant-garde du Groupe léger et qu'il doit mener l'assaut principal.
À l'aube, les hussards débouchent du bois J.31 sous un violent feu de mitrailleuses. Dans un récit particulièrement remarquable, le Journal de marche mentionne nommément le peloton commandé par Paul Roux :
« La gauche (peloton Prévost et peloton Roux) atteignit même un élément de tranchées allemandes construit en retrait dans la nuit. »
L'attaque se poursuit sous un bombardement intense d'artillerie lourde. Non soutenus par l'artillerie française, les assaillants doivent finalement se replier après avoir subi des pertes considérables. Au cours de cette action, Paul Roux est grièvement blessé d'une balle à la tête alors qu'il conduit ses hommes jusqu'au parapet des tranchées allemandes.
Cette action lui vaut une citation à l'ordre du Corps de Cavalerie du 8 octobre 1915 :
« Jeune et brillant officier qui a entraîné son peloton à l'assaut jusqu'au parapet même de la tranchée allemande où il est tombé frappé d'une balle à la tête. »
Après sa convalescence consécutive à sa blessure de Champagne, Paul Roux demande son admission dans l'aéronautique militaire. Le 25 février 1916, il rejoint le Groupe des Divisions d'Entraînement n° 5 (GDE 5) installé au Plessis-Belleville, en provenance de Chartres. Cette affectation marque le début de sa formation dans l'aviation militaire.
À l'issue de son instruction, il passe par la Réserve Générale de l'Aviation (RGA), organisme chargé de la réception et de la répartition des personnels navigants destinés aux unités du front. Le 8 avril 1916, il est affecté à l'escadrille MF 8, équipée d'appareils Maurice Farman. Ses chefs remarquent rapidement son adresse et son entrain, qualités qui lui vaudront d'être cité après sa mort comme s'étant « dès le début fait remarquer par son adresse et son entrain ».
Le 24 mai 1916, le lieutenant Paul Roux décolle pour une mission de reconnaissance au-dessus du front de Champagne avec pour observateur le sous-lieutenant Edmond Masson, officier détaché de la 60e Division d'Infanterie. Au cours de la mission, leur appareil est engagé dans un combat aérien et abattu derrière les lignes allemandes dans le secteur de l'Épine de Védégrange, entre Saint-Souplet-sur-Py et Auberive.
Les deux officiers sont tués. Les documents officiels français retiennent généralement Saint-Souplet-sur-Py comme lieu du décès, tandis que les recherches locales permettent de situer plus précisément la chute de l'appareil dans le secteur nord-ouest de l'Épine de Védégrange.
Dans un geste de respect alors fréquent envers les aviateurs, les soldats allemands récupèrent les corps. Paul Roux et Edmond Masson sont inhumés côte à côte dans le cimetière allemand de Saint-Martin-l'Heureux. Une photographie prise après-guerre montre encore leurs tombes voisines au milieu des sépultures allemandes.
La citation à l'ordre de l'Armée attribuée à Paul Roux après sa mort résume admirablement son parcours :
« Officier de tout premier ordre, intelligent, brave et modeste ; avait servi brillamment pendant plus d'un an dans un escadron à pied ; passé ensuite dans l'aviation s'est dès le début fait remarquer par son adresse et son entrain. Le 24 mai 1916, au cours d'une mission de reconnaissance, a trouvé une mort glorieuse dans un combat aérien. »
Titulaire de la Croix de Guerre avec plusieurs citations, Paul Roux est nommé chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume.
Après la guerre, alors que les sépultures allemandes de Saint-Martin-l'Heureux sont transférées vers la nécropole nationale du Bois du Puits à Aubérive, la famille Roux choisit de conserver sa dépouille dans le village champenois. Le lieutenant Paul Roux repose aujourd'hui dans le cimetière communal de Saint-Martin-l'Heureux, à quelques mètres seulement de sa première sépulture de guerre.
Le destin de Paul Roux présente une remarquable unité géographique et humaine. Le 29 septembre 1915, à la tête de son peloton du 2e Hussards, il est grièvement blessé lors de l'assaut de la tranchée des Tantes, dans le secteur de la ferme Navarin. Huit mois plus tard, après avoir quitté la cavalerie pour l'aviation militaire, il revient combattre au-dessus du même champ de bataille. Le 24 mai 1916, son appareil est abattu à l'Épine de Védégrange, à moins de deux kilomètres du lieu où il avait été frappé quelques mois auparavant. Inhumé par les soldats allemands à Saint-Martin-l'Heureux, où il repose encore aujourd'hui, sa blessure, sa mort et sa sépulture s'inscrivent ainsi dans un même paysage des Monts de Champagne.
Cavalier devenu aviateur, blessé dans les tranchées puis tombé dans le ciel de Champagne à l'âge de vingt ans, Paul Roux incarne le destin de cette jeunesse française qui porta le poids de la Grande Guerre jusqu'au sacrifice suprême. Son parcours exceptionnel, du 2e régiment de Hussards à l'escadrille MF 8, demeure l'un des plus émouvants témoignages du courage et de l'engagement des combattants tombés pour la France dans les Monts de Champagne.
Je réalise le même type de biographie sur le Sous-Lieutenant Masson, mais il me manque le nom du pilote allemand a qui a été attribué cette victoire et le lieu plus précis où les deux hommes se sont écrasés.
Bien à vous et encore un grand Merci.
Philippe Bacquenois

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