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Avions n°248 Septembre-octobre 2022 L'armée de l'Air en Indochine

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Le Fana de l'Aviation n°635 octobre 2022 Mirage IIIE

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Re:Re:Re:Re:Recherche sur le parcours du sous-lieutenant Marius Jules Paul GRILLIÈRE – Brindisi, Albanie, Corfou et Armée d’Orient

de Philippe Bacquenois (18/10/2026 08:22:31)
en réponse à Re:Re:Re:Recherche sur le parcours du sous-lieutenant Marius Jules Paul GRILLIÈRE – Brindisi, Albanie, Corfou et Armée d’Orient de Lucien Morareau (14/10/2026 06:52:22)

Bonjour,
Voici la pette biographie réalisée sur Marius Grillière.
Bonne journée

Sous-lieutenant Marius Jules Paul GRILLIÈRE
Observateur de la C 64, venu du front d’Orient

Classe : 1909
Bureau de recrutement : 4ème bureau (Paris)
Matricule : 1856


Né le 17 octobre 1889 à Troyes, dans l’Aube, Marius Jules Paul Grillière est le fils de Jules Jean Grillière et de Camille Victorine Peyrounil. Célibataire, il exerce la profession d’employé de banque. En 1913, il réside à Londres, au 22 Gladys Road, à West Hampstead, où il travaille pour le Crédit Lyonnais.
Il s’engage dans l’armée en octobre 1910 et sert au 2e régiment de hussards. Il est promu sous-lieutenant de réserve le 16 avril 1915. Sa fiche récapitulative indique son passage à l’aviation le 2 septembre 1915, en qualité d’élève pilote. Il y exerce ensuite la fonction d’observateur, comme le confirmera sa citation posthume.
La fiche récapitulative de ses mutations depuis la mobilisation révèle un parcours aéronautique particulièrement intéressant. Elle mentionne successivement le 3e régiment de hussards, Avord, l’escadrille de Brindisi, l’escadrille d’Albanie, l’escadrille de Corfou, puis les désignations « MF 82 S » et « F 98 S ». Une autre fiche porte les annotations « Venu d’Auch », datée du 15 décembre 1915, puis « Parti à Lyon (Escadrille Brindisi) », datée du 14 janvier 1916.
Le 23 janvier 1916, l’escadrille française d’Albanie, commandée par le lieutenant Émile Prot et équipée de Maurice Farman MF XI bis, quitte Lyon par voie ferrée pour rejoindre Brindisi, en Italie. Le personnel et le matériel sont ensuite transportés par bateau jusqu’à Corfou, où les appareils sont débarqués sur le terrain de Potamos le 7 février. L’unité y effectue des patrouilles et des reconnaissances le long de la côte albanaise. À la fin du mois de mai 1916, elle quitte Corfou pour Salonique, où elle arrive le 30 mai. Désignée officiellement MF 82 à compter du 22 juin, elle est mise à la disposition de l’armée serbe et participe à des missions de reconnaissance pendant l’offensive de l’été 1916. Elle rejoint le terrain de Vertekop le 6 août, où elle stationne durablement. Au fil de son existence, l’unité prend successivement les désignations d’escadrille 82, 382, puis 521. Cet historique éclaire le parcours de Marius Grillière, dont la fiche récapitulative mentionne notamment Brindisi, l’Albanie et Corfou.
Le 29 novembre 1916, une fiche indique qu’il vient de l’hôpital. Comme le précise le registre des mutations, il rejoint l’escadrille C 64 le 17 décembre 1916. Il y sert comme observateur.
Le 1er janvier 1917, les deux officiers disparaissent au cours d’une mission aérienne contre les positions allemandes. L’acte de décès de Marius Grillière situe sa mort à Saint-Souplet, dans la Marne, tandis que le faire-part familial d’Yves Le Coz situe la chute de leur appareil à Saint-Hilaire-le-Petit. Les territoires de ces deux communes étant contigus, ces indications peuvent être compatibles, sans permettre de déterminer avec certitude le point exact de la chute.
Le 21 juin 1917, La Guerre aérienne illustrée publie un récit détaillé de cette mission. L’article précise : « Le lieutenant Marius Grillière, après une belle campagne en Orient, vient reprendre sur le front français sa place de combattant. Il sortira aujourd’hui pour la première fois. » Selon cette publication, cette mission constitue donc la première sortie de Grillière sur le front français après son retour d’Orient. Sa mort survient moins de quinze jours après son affectation à l’escadrille C 64, enregistrée le 17 décembre 1916.
L’article rapporte que l’appareil, atteint en vol, pique vers le sol tandis qu’une flamme s’échappe du réservoir gauche. Il s’écrase ensuite et s’embrase. Selon les informations publiées par Albin Denis, l’appareil aurait été abattu par la Flakzug 1 de la 3e Armée allemande, une unité d’artillerie antiaérienne.
L’acte de décès de Marius Grillière indique qu’il est mort le 1er janvier 1917 à Saint-Souplet. Le décès a été établi par jugement du tribunal civil de la Seine, rendu le 12 octobre 1917, puis transcrit à Paris le 9 décembre 1917. La fiche militaire et les documents commémoratifs le désignent comme « Mort pour la France ».
Sa citation posthume à l’ordre de l’armée rend hommage à ses qualités d’observateur et à son engagement volontaire sur le front français :
« Observateur en avion remarquable. Après un an d’escadrille, et à peine rétabli des fatigues causées par son séjour en Orient, a demandé à servir sur le front français. A trouvé une mort glorieuse au cours d’une mission aérienne. »
Ce texte constitue un témoignage important sur son parcours. Il confirme qu’il avait servi en escadrille pendant environ un an et qu’il avait séjourné en Orient avant de demander à rejoindre le front français.
Après leur disparition, Marius Grillière et son compagnon d’équipage furent inhumés au cimetière militaire de l’artillerie allemande de Saint-Clément, à Arnes, dans les Ardennes. Une fiche nominative mentionne l’inhumation de Grillière le 4 janvier 1917. Un autre relevé de sépulture l’associe à la tombe n° 10 et signale également, dans cette même tombe, un « inconnu français aviateur ». Compte tenu de la disparition commune des deux hommes et de leur inhumation dans la même tombe, il est vraisemblable que cet aviateur inconnu soit Yves Le Coz.
À titre posthume, Marius Grillière est inscrit au tableau spécial de la Légion d’honneur, conformément à une décision publiée au Journal officiel du 8 septembre 1922. La notice rappelle qu’il était officier de réserve de cavalerie, passé dans l’aviation, et qu’il avait trouvé la mort le 1er janvier 1917 au cours d’un vol au-dessus des lignes ennemies. Elle mentionne également sa Croix de guerre avec étoile d’argent.

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