 |
En utilisant ces espaces, vous êtes réputé(e) avoir accepté les termes de notre règlement.
|
|
|
Re:Re: Recherche de renseignements – Gaston Vibert et Robert Cadet, aviateurs disparus le 16 octobre 1915
de Philippe Bacquenois (20/10/2026 06:44:12)
en réponse à Re: Recherche de renseignements – Gaston Vibert et Robert Cadet, aviateurs disparus le 16 octobre 1915 de Lucien Morareau (18/10/2026 18:14:56)
Bonjour,
Vous trouverez ci-dessous une petite biographie consacrée à Gaston FREPILLON :
Gaston Victor VIBERT (inhumé sous le nom de FREPILLON)
Caporal pilote de l’escadrille VB 110 — Mort pour la France en octobre 1915
Classe : 1899
Bureau de recrutement : Compiègne (Oise)
Matricule : 1378
Gaston Victor Vibert naît le 6 avril 1879 à Ver, dans l’Oise (Ver sur Launette). Il est le fils de Victor Vibert et de Marie Augustine Mélina Frépillon. Sa fiche matricule indique qu’il exerce la profession de garçon épicier, tandis que sa fiche des personnels de l’aéronautique mentionne celle de mécanicien. Il épouse Juliette Cato le lundi 1er août 1904 à Aubervilliers.
Incorporé le 25 novembre 1900 au 14e régiment de dragons, il effectue ensuite deux périodes d’exercice au 2e escadron du Train des équipages militaires, à Amiens : du 1er au 29 mars 1906, puis du 4 au 20 octobre 1909. Rappelé à l’activité par la mobilisation générale, il rejoint son corps le 3 août 1914 et sert au 6e escadron territorial du Train. Évacué vers l’hôpital de Dormans, dans la Marne, le 25 septembre 1914, il rejoint le dépôt le 4 décembre suivant.
À cette même date, il passe au 1er Groupe d’aviation à Dijon, conformément à une décision ministérielle du 29 novembre 1914. Son parcours le conduit ensuite à l’école d’aviation d’Étampes, le 19 février 1915, puis au dépôt du 1er Groupe d’aviation à Dijon, le 29 juin. Affecté à l’école d’aviation d’Ambérieu le 10 juillet 1915, il obtient son brevet de pilote ACF, numéro 1912, le 29 avril 1915 sur Maurice Farman, et brevet de pilote militaire n° 1097 le 20 juin 1915. Il est promu caporal le 22 août 1915, d’après sa fiche aéronautique, qui mentionne une décision du chef du service aéronautique au Grand Quartier général.
Les documents administratifs retracent ensuite plusieurs mouvements entre Ambérieu, la Réserve générale de l’aéronautique et le parc GB de Malzéville, près de Nancy. Une fiche de l’escadrille VB 110 le désigne comme « caporal pilote » et semble mentionner une prise en compte administrative à partir du 27 août 1915. Sa fiche aéronautique indique un départ pour Malzéville le 31 août, un retour à la Réserve générale de l’aéronautique le 9 septembre, avec la mention « accident », puis un nouveau départ pour Malzéville le 12 septembre. La nature de cet accident n’est pas précisée. Une photographie légendée « Escadrille VB 110 – 3e trim. 1915 » témoigne de l’existence de l’unité durant cette période, sans permettre à elle seule d’identifier les personnes représentées.
Le 16 octobre 1915, Gaston Vibert participe à une mission de bombardement avec le sergent Robert Cadet, son bombardier, à bord d’un Voisin LAS portant le numéro V 839, selon la chronologie d’Albin Denis. La mission vise notamment la gare de Machault, dans les Ardennes. Au retour, l’appareil tente de regagner les lignes françaises. L’équipage est aperçu au-dessus des lignes allemandes, puis l’avion s’écrase dans le secteur de Saint-Souplet-sur-Py, dans la Marne.
La French Air Service War Chronology 1914–1918, de Frank W. Bailey et Christophe Cony, et les répertoires de victoires aériennes associent cette perte à une victoire attribuée à l’aviateur allemand Oswald Boelcke, le 16 octobre 1915.
Une photographie ancienne montre une plaque commémorative portant l’inscription : « Hier ruhen tapfre franz. Flieger Robert Cadel, Gaston Frepillon, am 16. Oktbr. 1915 im heldenhaften Luftkampf gef. », soit : « Ici reposent les braves aviateurs français Robert Cadel et Gaston Frepillon, tombés le 16 octobre 1915 dans un combat aérien héroïque. »
Le nom de Gaston Frepillon correspond à celui de sa mère, Marie Augustine Mélina Frépillon. Cette inscription constitue un indice matériel important pour relier le nom figurant sur le monument à l’identité officielle de l’aviateur. Elle associe également son nom à celui de Robert Cadet, son compagnon de vol disparu avec lui le 16 octobre 1915 à bord d’un avion Voisin de l’escadrille VB 110.
La graphie « Cadel » figurant sur la plaque diffère de « Cadet », nom retenu dans les sources françaises consultées. La date inscrite concorde avec celle généralement retenue pour la disparition des deux aviateurs.
Sous l’inscription figure un motif sculpté associant une hélice à une forme végétale allongée, dont les feuilles évoquent une branche de laurier. Le laurier, traditionnellement associé à la victoire et à l’hommage rendu aux héros, pourrait ici participer à la symbolique commémorative du monument.
La citation militaire publiée dans L’Aérophile du 1er mars 1916 souligne le courage de Gaston Vibert lors de cette dernière mission : « Pilote énergique et plein d’entrain. Le 16 octobre 1915, au retour d’une mission de bombardement exécutée dans des conditions atmosphériques difficiles, a été aperçu tenant tête vaillamment à un puissant avion ennemi. A disparu au cours de cet engagement. » La notice lui attribue la Croix de guerre avec étoile d’argent et mentionne une citation à l’ordre de la division sur sa fiche des personnels de l’aéronautique.
Une divergence subsiste cependant concernant la date et le lieu du décès. La fiche matricule porte la mention : « Tombé et resté dans les lignes allemandes le 16 octobre 1915 lors du bombardement de Machault. » La fiche administrative relative à sa reconnaissance comme Mort pour la France retient le 15 octobre 1915 et Saint-Souplet. Quant à l’acte transcrit à Puteaux le 14 juin 1920, à la suite d’un jugement du tribunal civil de la Seine rendu le 30 avril 1920, il fixe également le décès au 15 octobre 1915, mais situe celui-ci à Saint-Soupplets, en Seine-et-Marne. Cette localisation ne concorde pas avec les sources militaires relatives à la mission et semble résulter d’une confusion toponymique avec Saint-Souplet-sur-Py, dans la Marne. La date du 16 octobre est retenue par les sources relatives à la mission aérienne, tandis que la date du 15 octobre doit être conservée pour rendre compte fidèlement de l’acte civil.
Après sa mort, Gaston Victor Vibert est initialement inhumé au cimetière allemand d’artillerie de Saint-Clément à Arnes, dans les Ardennes sous le nom de « Frépillon », qui correspond à celui de sa mère. Transférée en 1923 à la nécropole nationale de Sommepy-Tahure, dans la Marne, sa dépouille y repose toujours sous le nom de FREPILLON Gaston, comme l’atteste la plaque apposée sur sa croix.
Gaston Victor Vibert est ainsi l’un de ces pilotes de l’aviation militaire française dont la carrière, interrompue au cours d’une mission de guerre, peut être reconstituée grâce au croisement des fiches administratives, des citations militaires et des chronologies aéronautiques. Son parcours illustre le passage d’un militaire issu de la cavalerie et du Train des équipages à l’aviation, avant sa disparition avec Robert Cadet au-dessus du front de Champagne en octobre 1915.
Ze forum v.4.0.6pg, PHP/SQL par Franck Mée.