 |
En utilisant ces espaces, vous êtes réputé(e) avoir accepté les termes de notre règlement.
|
|
|
Re:Re: Recherche de renseignements – Gaston Vibert et Robert Cadet, aviateurs disparus le 16 octobre 1915
de Philippe Bacquenois (20/10/2026 06:54:15)
en réponse à Re: Recherche de renseignements – Gaston Vibert et Robert Cadet, aviateurs disparus le 16 octobre 1915 de Lucien Morareau (18/10/2026 18:14:56)
Rebonjour,
Voici la biographie de Robert Cadet :
Robert Elphège CADET
Sergent-bombardier de l’escadrille VB 110 — Mort pour la France le 16 octobre 1915
Classe : 1908
Bureau de recrutement : Auxerre (Yonne)
Matricule : 629
Robert Elphège Cadet naît le 4 février 1888 dans le 6ᵉ arrondissement de Paris (Seine). Son père est indiqué sur sa fiche matricule sous le nom d’Irma Émile Étienne, et sa mère se nomme Marie Rose Constance Robert. Il exerce la profession de mouleur-fondeur. Au moment de son recensement militaire, il réside au 6, rue Laton, à Luxeuil (Haute-Saône), tandis que ses parents demeurent au 7, rue Dampierre, à Auxerre (Yonne). Selon les renseignements figurant dans sa notice mémorielle, il appartient à la promotion 1904 de l’École des Arts et Métiers de Châlons,
Incorporé le 6 octobre 1909 au 1er régiment du génie, il passe au 20ᵉ bataillon du génie le 4 mars 1910, puis à la compagnie 20/3 le 1er octobre suivant. Envoyé dans la disponibilité le 24 septembre 1911, avec le certificat de bonne conduite accordé, il est versé dans la réserve de l’armée active le 1er octobre 1911.
Rappelé à l’activité par le décret de mobilisation du 1er août 1914, il rejoint le 2ᵉ Groupe d’aviation de Reims le 4 août. Sa fiche matricule indique son passage au 1er Groupe d’aviation le 26 mars 1915. Les états de personnel de l’escadrille VB 110 le mentionnent comme caporal mécanicien d’avion au deuxième trimestre 1915.
Le carnet de comptabilité en campagne du 2ᵉ trimestre 1915 apporte une précision importante sur son évolution militaire. Une première inscription le désigne comme « caporal mécanicien d’avion » et précise : « Nommé sergent le 7 juin ». Une seconde mention le porte comme « sergent-bombardier », avec la précision « Nomination en date du 7 juin ». La lecture croisée de ces deux inscriptions permet donc de retenir le 7 juin 1915 comme date de sa nomination au grade de sergent et de sa désignation comme sergent-bombardier.
Au cours de l’année 1915, Cadet sert à l’escadrille VB 110, unité équipée notamment d’avions Voisin employés pour les missions de bombardement. Il y fait équipage avec le caporal pilote Gaston Victor Vibert. Les deux hommes disparaissent le 16 octobre 1915, au retour d’une mission aérienne effectuée dans le secteur du front de Champagne.
Selon la chronologie aéronautique établie par Albin Denis et les historiques de l’escadrille, leur appareil est un Voisin LAS V portant le numéro 839. La mission comprend notamment le bombardement de la gare de Machault, dans les Ardennes. Au retour, l’avion est perdu dans le secteur de Saint-Souplet-sur-Py, dans la Marne. Plusieurs chronologies aéronautiques attribuent cette victoire à l’aviateur allemand Oswald Boelcke, qui aurait ainsi remporté sa cinquième victoire aérienne.
La citation de Robert Cadet, publiée au Journal officiel du 10 février 1916, reproduit un ordre daté du 20 novembre 1915 :
« Sous-officier courageux et d’un dévouement sans bornes. A exécuté avec succès de nombreux bombardements au cours desquels son appareil a été souvent atteint par le feu de l’ennemi. Le 16 octobre 1915, au retour d’une expédition, a engagé un combat inégal avec un avion ennemi et a disparu au cours de cet engagement. »
Le même ordre cite le pilote Gaston Vibert, décrit comme un pilote énergique et plein d’entrain, qui, le 16 octobre 1915, au retour d’une mission de bombardement effectuée dans des conditions atmosphériques difficiles, a été aperçu tenant vaillamment tête à un puissant avion ennemi avant de disparaître au cours du combat.
Une autre publication au Journal officiel, datée du 19 novembre 1920, reprend la citation de Cadet et mentionne son attribution de la Médaille militaire à titre posthume. Ce texte comporte toutefois une anomalie : il situe l’engagement au 16 octobre 1916, alors que la citation de 1915, la fiche matricule et les historiques de l’escadrille concordent sur le 16 octobre 1915. Cette différence paraît correspondre à une erreur de date dans la publication de 1920.
La fiche matricule et les notices mémorielles situent sa mort dans le secteur de Saint-Souplet, correspondant aujourd’hui à Saint-Souplet-sur-Py, dans la Marne. Mémorial GenWeb indique que son décès a été déclaré par jugement du tribunal d’Auxerre le 5 janvier 1920, puis transcrit à Auxerre le 10 février 1920. La notice précise également qu’il est tombé dans les lignes allemandes, entre Saint-Souplet et Saint-Étienne-à-Arnes.
La mémoire des deux aviateurs est également conservée par une plaque funéraire allemande au cimetière de Saint-Clément à Arnes, dans les Ardennes. L’inscription porte les noms de « Robert Cadel » et « Gaston Frepillon », orthographes différentes de celles utilisées dans les documents français. Elle indique, en allemand, que les deux aviateurs français reposent là et qu’ils sont tombés le 16 octobre 1915 dans un « combat aérien héroïque ». Le nom « Cadel » constitue donc une variante à relever dans l’étude de la documentation allemande.
Le monument est orné d’un motif sculpté sur une pierre associant une hélice à une forme végétale allongée, qui peut évoquer une branche de laurier.
Le nom de Robert Cadet figure dans plusieurs lieux de mémoire, notamment sur la plaque commémorative des Arts et Métiers à Châlons-en-Champagne, sur le monument aux morts et le mémorial de l’église de Fontaine-lès-Luxeuil, ainsi que sur le monument aux morts d’Auxerre et dans le Livre d’or du ministère des Pensions. Son nom apparaît également sur une plaque du lycée des Chaumes, à Avallon.
La carrière militaire de Robert Elphège Cadet illustre le passage d’un mécanicien d’avion à une fonction opérationnelle de bombardier au sein de l’aviation militaire française. Les documents contemporains établissent sa nomination au grade de sergent le 7 juin 1915, sa fonction de sergent-bombardier, ses missions de bombardement et sa disparition lors d’un combat aérien le 16 octobre 1915. Les circonstances précises de l’engagement et l’attribution de la victoire à Oswald Boelcke reposent, quant à elles, sur les chronologies aéronautiques postérieures. Le devenir exact de ses restes n’est pas établi par les documents réunis à ce jour.
Sources principales : fiche matricule militaire d’Auxerre, matricule 629 ; carnet de comptabilité en campagne du 2ᵉ trimestre 1915 ; états de personnel de l’escadrille VB 110 ; citation publiée au Journal officiel du 10 février 1916 ; publication au Journal officiel du 19 novembre 1920 ; notice Mémorial GenWeb ; historiques aéronautiques de l’escadrille VB 110 et chronologie d’Albin Denis ; inscription de la plaque allemande du cimetière de Saint-Clément.
Ze forum v.4.0.6pg, PHP/SQL par Franck Mée.